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Quand la carapace explose : devenir pleinement soi

De l’hypersensibilité à la sensibilité extraordinaire

· Hypersensibilité,Défaut et qualité,Crise,Accepter,fauxself

A travers mon histoire autour de ma sensibilité qui s’avère être extraordinaire, je vous invite aujourd’hui à vous pencher sur un trait de caractère que vous avez du mal à apprécier chez vous… ou que les autres vous disent être pénible pour eux.

Ignorance

Je suis née dans un monde où je me sentais souvent agressée et incomprise. Ce que je ressentais violent semblait normal ou du moins socialement acceptable pour les autres. C’était donc moi qui avait un problème. Un gros problème. Quotidien, et sans solution.

Je constatais aussi des moments d'intensité de vie géniaux que je ne pouvais pas partager avec la plupart des gens. Non seulement il ne semblait pas comprendre, mais ils n’étaient même pas captivés par l’extraordinaire que je leur racontais ( !) Plutôt, que j’essayais de leur raconter : comment mettre des mots sur ce monde intérieur ? cette intensité vibrante en moi ?

Eux n’étaient pas concernés. J’étais donc une extraterrestre ?

Je me sentais tellement privilégiée… et tellement à l’écart.

Et vous, avez-vous des souvenirs d’enfance où vous vous sentiez isolé, incompris dans vos différences ? Lesquelles ?​

Stratégie d’adaptation inconsciente

En entrant à l'âge adulte j'ai créé ce que plus tard je nommerais « ma carapace ». J’en avais marre d’être dans mon coin. J’ai adopté une forme d'approche « la meilleure défense c'est l'attaque ». Je suis devenue -artificiellement- hyper-sociable. J’allais vers les autres, d’un coup, comme un saut dans le vide. Un mauvais moment à passer, le temps qu’ils me répondent, pour que je me sente reliée. J’ai découvert que beaucoup de gens aiment que l’autre fasse le premier pas. Cela les aide. S’entraider est le début d’un lien.

J’ai ainsi eu l’impression de gagner 2 choses :

  • une influence pour éviter les situations qui ne me convenaient pas
  • le contrôle sur le niveau de rapprochement : pas trop près de moi

Je faisais donc partie des hypersensibles que l’on dit extravertis.

Il y avait en quelques sortes 2 « moi » : un « moi » pour tout le monde -apparemment- hyper accessible, avenant et tout-sourire. Un autre « moi », beaucoup plus sombre et inconnu, y compris pour moi-même. Ce phénomène s’appelle un « faux-self ». Une protection. Je ne me rendais pas vraiment compte que je m’étais coupée en 2. J’étais devenue sociable, c’était super ! J’ignorais d’ailleurs complètement être hypersensible.

Et vous, avez-vous adopté consciemment une stratégie pour vous protéger d’un trait de caractère qui vous faisait souffrir ? Laquelle ?​

Côté affectif, j’étais tout feu tout flamme, toujours à fond ! Pourtant mes relations amoureuses ou amicales étaient tellement difficiles ! J’étais un un aimant à (pervers(e))- narcissique. Oui, tous les narcissiques ne sont pas pervers. Une personne narcissique suffit pour être dans une relation de souffrance lorsque l’on est hypersensible. Avec les personnes aux névroses « normales », à la sensibilité moyenne, mon hyper-empathie se manifestait : je ressentais tellement l’autre, je comprenais tellement sa place… que j’étais incapable d’occuper la mienne ! Je me perdais littéralement de vue !

Avec les autres hypersensibles, c’était merveilleux de se comprendre, de partager l’intensité de la beauté de la vie…. Cela s’accompagnait aussi d’un yoyo émotionnel constant, d’une grande capacité à fabriquer les drames. Épuisant.

Et vous avez-vous fait un lien entre ce trait de caractère et vos relations aux autres ? lequel ?​

Evolution consciente

Ma carapace, qui créait ma dualité interne, s'est peu à peu craquelée. J’étais épuisée de mon rôle de gentille organisatrice, de ma sociabilité exacerbée. J’avais l’impression de m’investir vraiment…. Sans être si profondément reliée… De beaucoup d'agitations…. pour des relations insatisfaisantes. Par ailleurs, ma sensibilité s’est manifestée de façon plus forte ! Par exemple, mon ouïe s’est développée. J’ai commencé à porter des bouchons d’oreille en soirée… ou à partir car le volume de la musique était trop fort, ou simplement parce que les gens me donnaient l'impression de se crier dessus… et de passer un bon moment. Autre exemple : mes yeux ne supportaient plus les rayons des supermarchés, trop de couleurs vives au cm2… Et au fond de moi une voix s’est élevée : un grand « non ! » à la violence ordinaire. Comme si la vie « normale » n’était plus du tout viable pour moi.

Et vous, avez-vous connu un stade de grand ras-le-bol, d’impuissance ? un moment où vous sentez que les choses empirent malgré vos efforts pour vous adapter ?​

Crise et chemin vers soi

Ce qui a vraiment fait exploser cette carapace c'est une crise existentielle, qui s’est avérée spirituelle. La spiritualité, c’est un peu comme l’hypersensibilité, on peut être spirituel depuis toujours en pensant ne pas l'être. Cela a été mon cas des décennies. J’ai été contrainte d’aller vraiment voir au fond de moi, avec effroi d'abord. De découvrir l’extra-ordinaire de mon être, notamment dans ses capacités sensorielles. Moi qui était dans l’introspection depuis toujours, à « travailler sur moi », j’ai alors ouvert la porte de l’intimité intérieure. J’ai pris cette habitude de m'observer, d'être aussi extérieure à moi-même. Avec acceptation (pas le choix !). Puis avec intérêt et respect. L’amour de moi-même viendrait après. J’ai compris la chance immense d’avoir cette sensibilité hors de l’ordinaire, la finesse et la justesse de tout ce que je captais, ma compréhension du monde, les plaisirs infinies auxquels j’avais accès. Surtout en me connectant à moi-même, en m’arrimant en quelque sorte, j’ai créé de l’espace. De l’espace pour utiliser mes super-pouvoirs pour moi et pour les autres aussi.

C’est ainsi qu’a débuté « ma grand réunification » ( !) Fini le faux-self et le moi atrophié. J’ai changé de regard : au lieu de me dire intérieurement « quel gros lourd » ou quel(le) abruti(e) ! » à chaque fois que la vie m’en offrait l’occasion, je me suis mise à dire « c’est quelqu’un qui ne se rend pas compte, simplement quelqu’un qui ne se rend pas compte ». Cette petite phrase était le début d’une autre réalité, d’un lien authentique, possible avec l’humanité.

Ma vie affective a alors pris une voie inédite, épanouissante et nourrissante pour l’évolution de mon être. Chaque jour ma sensibilité extra-ordinaire est une source de créativité, une énergie de vie pour que j’occupe ma place dans la société, que j’y apporte ma contribution.

Est-ce que je vis encore des émotions très fortes ? Oui très souvent. La différence est qu’aujourd’hui je les remercie d’être : d’une part parce que parfois c’est super agréable, d’autre part car elles me guident toujours vers la vie. J’en arrive à une situation apparemment paradoxale: bien que je sois encore plus sensible qu’avant, c'est rarement un problème. Autrement dit cette différence a plus d’avantages que d’inconvénients. Je fais de mon mieux chaque jour pour accueillir ma sensibilité et je crois qu’elle est extraordinaire aussi car l’ensemble de mon être est mieux accueilli par ma personne.

Et vous avez-vous expérimenté une crise qui vous met en demeure de faire différemment ? Avez-vous expérimenté le pouvoir de l’acceptation de qui vous êtes ?​

Aimée

Créatrice de Prends Soin de Toi

www.psdetoi.fr

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